Peux-tu nous décrire ton parcours professionnel ?

J’ai commencé mon parcours artistique en étant peintre, je vivais alors en Martinique et je me partageais entre ma vie de famille, mon travail alimentaire (infographiste) et ma passion picturale.J’ai ensuite suivi mon mari à La Réunion ou j’ai rencontré la sculpture de la terre pour la première fois, cela a été un vrai coup de foudre, quelques mois après j’exposais et j’ouvrais un atelier pour donner des cours de peintures et de sculptures.

J’ai adoré enseigner, mais je me sentais frustrée de ne pouvoir aider que quelques dizaines d’élèves, je savais ce que le travail de la terre m’avait apporté et je voulais le partager avec le monde entier (rien de moins) c’est en rentrant en métropole que l’idée du blog m’est venue.

Je suis partie du constat que pour apprendre à sculpter l’argile il fallait soit faire des kilomètres pour se rendre à un cours souvent bondé, car rare et du coup obtenir peu d’informations du professeur soit faire partie d’une association très conviviale, mais pauvre en enseignement.

Je me suis appuyée sur ma longue expérience d’atelier en présentiel pour offrir un contenu de qualité qui permet de vraiment progresser depuis chez soi en toute autonomie.

As-tu des conseils à donner à une personne voulant gagner sa vie en tant qu’artiste professionnelle ?

Internet à vraiment changé notre monde, un artiste qui réussit aujourd’hui doit travailler sa visibilité, car les offres sont infinies.

Le conseil que je donnerai c’est d’être avant tout généreux, en offrant son savoir-faire, nous sommes dans un monde ou le savoir est devenu une commodité, nous pouvons tout apprendre sur internet, résultat tout le monde à envie de créer c’est peut-être le contrecoup de notre monde virtuel, nous sommes des êtres de sens et nous avons besoin d’être relié à la matière.

Comment tu t’es formée à la peinture, puis à la sculpture ?

Je suis vraiment autodidacte, j’ai fréquenté plusieurs ateliers pour la convivialité, mais c’est surtout un énorme travail personnel qui m’a permis d’attendre le niveau que j’ai maintenant.

Aider les autres, concevoir et imaginer des cours pour quelqu’un qui débute permet aussi de progresser.

Peux-tu nous parler un peu plus en détail de ton expérience avec la peinture ?

J’ai longtemps pratiqué la peinture à l’huile et la technique des glacis, j’aimais sa technicité, sa lenteur cela correspondait à un moment de ma vie.

Aujourd’hui, je peins de temps en temps, mais plutôt à l’aquarelle et souvent en voyage.

Mais ma préférence va définitivement vers la sculpture, mes mains sont irrésistiblement attirées par l’argile, j’aime ce contact intime avec la matière et la magie de voir émerger un visage en trois dimensions malgré les années je ne m’en lasse pas.

Peux-tu nous parler plus en détail de tes carnets de voyage : où as-tu voyagé et que peignais-tu ?

J’ai énormément voyagé et j’ai toujours un petit carnet avec moi, juste pour le plaisir de croquer une émotion, une scène inspirante…évidemment l’aquarelle est idéale pour cela.

As-tu des conseils et astuces à nous donner concernant la peinture ?

Difficile de répondre à cette question si vaste, la peinture m’a appris le lâcher-prise, le bonheur de jouer avec les couleurs, un regard différent sur le mon intérieur-extérieur.

Pourquoi es-tu passée de la peinture à la sculpture ?

La sculpture de l’argile est arrivée dans un moment particulier de ma vie où j’avais besoin d’ancrage et la terre m’a offert cela avec toute sa générosité, c’est un peu comme si j’avais découvert l’envers du décor, ce monde en trois dimensions dans lequel nous évoluons en sculptant développe quelque chose de très particulier, comme une nouvelle vision des choses qui nous entourent.

Quelles sont les difficultés spécifiques à la sculpture qu’on ne retrouve pas à la peinture ?

En peinture nous représentons un seul plan et le vrai challenge est de permettre d’imaginer tous les autres en jouant avec les valeurs et les couleurs.

En sculpture, c’est le contraire, la difficulté va être d’être juste de tous les côtés, quel que soit l’angle où le regard se pose.

J’ai remarqué que tu sculptais surtout des personnages féminins, y a-t-il une raison à ça ?

C’est vrai que je suis passionnée par le corps humain et féminin en particulier, pour moi c’est la plus belle et la plus difficile des expériences en sculpture. A chaque fois c’est un vrai voyage dont j’aime toutes les étapes.

Qu’aimes-tu sculpter d’autre ?

Je sculpte autant des animaux que des personnages, du moment que j’ai les mains dans la terre tout va bien.

Où trouves-tu l’inspiration ?

Je n’ai jamais eu besoin de beaucoup d’effort pour trouver l’inspiration, c’est plutôt le contraire qui est frustrant, car les idées arrivent vite, mais il faut du temps pour les incarner dans la matière.

Quels conseils donnerais-tu à celles et ceux qui veulent se lancer dans la sculpture ?

C’est un conseil que je donne régulièrement à mes lecteurs et mes élèves, commencer doucement en choisissant des modèles simples, pour apprivoiser et comprendre la terre afin de vous faire plaisir rapidement puis monter en puissance avec des projets plus ambitieux, l’argile est une matière vivante qui demande de l’humilité, mais attention une fois que l’on y a goûté c’est un peu addictif.

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